Les plaisirs du plastique « contorsionné »

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Il crée depuis l’âge de 16-17 ans,ça fait donc une dizaine d’années que Jean-François Réant, ancien élève de Saint Luc à Tournai puis du Centre national des décorateurs-étalagistes de Roubaix, aime et anime les objets à sa manière.
D’un oeil personnel, à la fois simple et torturé comme les formes «contorsionnées » données aux matériaux qu’il travaille, en particulier le PVC, ce plastique gris dont on fait des tuyaux. Les siens. visiblement, sont bons. Dans son atelier du Vieux-Lille ( 1) ses créations côtoyent les étranges machines de l’ancienne entreprise’ de matériel industriel
pour boucherie qui occupaient les lieux avant que les abattoirs ne soient réduits en montagne de gravats. Signe des temps …

PVC, résine, verre, alu
Plutôt que de détruire, Jean-François Réant embellit. En quelques mois, il est devenu spécialiste des trompe-l’oeil, des grandes bâches plastique peinte s, au rôle à la fois informatif et décoratif (la nuit des Fignoss, la parfumerie du Soleil d’or, New Man, en plein centre de Lille ou, hors de la région, le Festival d’Anjou dont le directeur artistique n’est autre que Jean-Claude Brialy). Mais ça. c’est le côté  » alimentaire »comme il le dit lui-même de l’activité actuelle de Jean-François Réant qui se passione maintenant pour des matérraux tout ce qu’il y a de plus contemporain : PVC donc, mais aussi plexi, résine et alumium Dans un four à vapeur dont la température monte à 250 degrés, il place ces tuyaux gris de différents diamètres qu’il travaille ensuite pour les plier, les tasser, leur donner ces formes arrondies et torturées qu’il affectionne. Coupés, poncés, peints, ces éléments en PVC deviennent pied de table, de lampes, de lampadaires ou de fauteuil, clins d’oeil colorés qui gomment tout l’aspect classique et traditionnel du mobilier.
Délire contenu, couleurs éclatantes et drôles, ces objets originaux constituent à présent l’univers de Jean-François Réant qui a organisé lui-même, en avril dernier, une exposition au Palais de l’Europe au Touquet ; il en prépare une nouvelle à Lille. Mais ce n’est pas sa priorité. Pour l’instant, sa préoccupation est de faire connaître ses travaux, de passer du stade de prototypes à l’exploitation commerciale en petites séries, pour pouvoir vivre de ce travail. Les projets ne manquent pas chez ce designer, peintre. décorateur, comme ceux touchant à l’animation du milieu autoroutier -luminaires ou colonnage de ponts-. histoire, comme il le dit lui-même, « de donner une image artistiqueet un peu fofolle du Nord » !

M.BERRY

– Article paru dans la voix du nord, 16 août 1994 –